TIMBRES DU MONDE ENTIER / STAMP FROM AROUND THE WORLD

PREMIER TIMBRE DE FRANCE


Premier timbre France

Les deux premiers timbres[modifier]

Le 24 août 1848, par décret de l'Assemblée Nationale « Relatif à la taxe des lettres », le gouvernement provisoire de la IIe République décide la réforme postale, la circulaire d'application est publiée le 28 septembre. Entre temps, le 7 septembre 1848, l'Administration des Postes décide le lancement de l'impression d'un timbre à 20 centimes en noir, et à 1 franc en rouge.

Le modèle du timbre est adopté le 11 septembre. Le dessin adopté représente Cérès, déesse romaine de l'agriculture, et figure allégorique de la République. Le type Cérès est l'œuvre du Graveur général de la Monnaie de Paris Jacques-Jean Barre (1793-1855).

La conception, puis l'impression, sont faits dans un délai très court, si court qu'il a même été envisagé de sous-traiter l'impression des premiers timbre à Londres. Le poinçon (matrice initiale) est réalisé en cinq semaines, les clichés secondaires sont réalisés par galvanoplastie, puis les planches d'impressions sont préparées.

Le tirage débute le 4 décembre pour le 20c noir et le 30 décembre pour le 1F rouge. Les timbres sont imprimés en typographie à plat, en feuille de trois cents exemplaires, en deux panneaux de 150 timbres (15 lignes de 10 timbres) séparés par une marge de 2 centimètres environ. Chaque panneau de 150 timbres est imprimé par un galvano. Les feuilles étaient coupées en deux avant livraison aux bureaux de poste. Chaque panneau (ou demi feuille) mesure approximativement 20 cm de largeur par 36 cm de hauteur.

Le 1er janvier 1849, sont mis à la disposition du public, deux timbres-poste non dentelés de 20 centimes de couleur noire et de 1 franc de couleur rouge.

Céres, 20 centimes noir[modifier]

Généralités[modifier]

Le 20 centimes noir, premier timbre de France.

Émis le 1er janvier 1849, le premier timbre de France est destiné à l'affranchissement des lettres de moins de 7,5 grammes10. Le 20 centimes noir est retiré définitivement de la vente le 29 octobre 1850, soit trois mois après le changement de tarif du 1er juillet 1850, qui met fin à son usage principal11.

La plus ancienne date d'usage connue est le 31 décembre 1848, oblitération provenant d'Alger12,13, ce pourrait être un usage anticipé ou d'une erreur de cachet, la date n'ayant pas été changée après la nuit de la Saint-Sylvestre. Toutefois, bien que deux exemples seulement soient connus, ces usages anticipés ne sont pas une anomalie en soi, la vente des timbres-poste est en effet autorisée par circulaire à partir du 25 décembre 1848, afin que les usagers puissent utiliser dès le premier jour des nouveaux tarifs le préaffranchissement du courrier avant la mise à la boite postale. Il semble que seul le 20 centimes noir ait été vendu antérieurement à son usage officiel14.

Le tirage, important, est d'environ 41 700 00015. Il s'en serait vendu plus de 31 millions d'exemplaires16. L'impression a été faite quasi sans interruption du 4 décembre 1848 à la fin février 1849.

Le 20c noir a été imprimé, jour et nuit, du 4 décembre 1848 jusqu'au 17 janvier 184917 pour approvisionner l'ensemble des bureaux de poste18. Puis jusqu'au 22 février 1849, de jour uniquement. À partir de cette date, les timbres sont imprimés en bleu (voir ci-dessous : rubrique Non émis)19.

Il existe plusieurs clichés inversés (ou Tête-bêche) dans les panneaux d'impression utilisés : trois sur la planche 1, un sur la planche 2 et un sur la planche 320. Le tirage potentiel de paire en tête-bêche est estimé à 200000 exemplaires21. La plus ancienne paire tête-bêche connue ce jour (sur lettre) est datée du 13 janvier 1849.

Variations de teintes et de papier[modifier]

Le 20c est imprimé en noir sur un papier blanc et en noir sur papier jaune (pâle) (teinte dans la masse du papier) fourni essentiellement par les établissements « Lacroix ». L'encre passe d'un noir intense, très couvrant, à une teinte dite gris-noir. La couleur du fond (une encre lithographique antifalsification) varie aussi d'un blanc très légèrement jaunis à un jaune bistre foncé amplifié par le vieillissement, qu'il ne faut pas confondre avec la couleur du papier. Les premiers tirages sont noir sur papier blanc, les derniers sont plutôt noir sur papier jaune22.

Les 20c noir sur chamois, nuance particulière, est due à l'utilisation par erreur d'un papier teinté en bistre-jaune (dit chamois) dans la masse du papier (imprimé en 1850).

Les planches du vingt centimes ont été utilisées dès leur réalisation, parce qu'elles étaient les premières terminées, pour réaliser des essais d'encres et de papiers. Il existe ainsi des timbres-poste à 20c. de couleur bleu sur papier jaunâtre d'impression soignée très fine23, noir sur papier rouge ou papier bleu, rouge sur papier blanc, rouge sur papier rouge, couleurs et papiers teintés utilisés pour la réalisation de la première série de timbres-poste : 20 centimes en noir sur blanc, 40 centimes en bleu sur bleuté et 1 franc en rouge sur orangé.

Cette valeur a fait l'objet d'une réimpression très nette et très soignée en 1862 pour satisfaire une demande de Sir Rowland Hill (tirage : 4350 timbres-poste conservés, une grande partie des planches est conservée au Musée de La Poste). Ce tirage est difficile à reconnaitre.

Cérès, 1 franc rouge[modifier]

Le 1 franc rouge-clair, dit « Vermillon » et 1 F. rouge foncé dit « carmin ».

Le 1 franc est connu en deux couleurs officielles24 : rouge clair dit vermillon et rouge foncé dit carmin, d'où deux numéros dans les catalogues.

Le Un franc rouge est émis le 1er janvier 1849. La première date d'utilisation connue à ce jour est le 2 janvier 1849 (à Paris) pour le rouge clair et début janvier pour le rouge foncé25. Il apparaît que les timbres rouge vermillon et rouge carmin ont été mis en vente au même moment, mais pas aux mêmes endroits : certains départements ont vendu des « vermillon », d'autre des « carmin ». Il semble que cette répartition n'ait pas été aléatoire, mais selon l'ordre alphabétique des départements26.

Le 1 franc vermillon[modifier]

Le timbre rouge clair est retiré de la vente en décembre 1849 officiellement en raison d'une couleur trop proche du 40 centimes orange dont l'impression est prévue, et dont l'émission est retardée jusqu'en février 1850. Il est aussi possible que ce retrait ait été suggéré ou encouragé par Jacques-Jean Barre. En effet, l'encre utilisée était produite à partir du « Vermillon minéral » ou cinabre, et elle attaquait le cuivre des planches d'impression par l'action du sulfure de mercure qu'elle contient. De plus, l'encre vermillon était beaucoup plus chère que l'encre carmin.

Le tirage du rouge clair (Vermillon) est de 509 700 exemplaires produit en une seule fois entre le 30 décembre 1848 et le 7 janvier 1849, dont 122 398 seront détruits le 21 juillet 1851. Le 1 franc « Vermillon » a la cote la plus élevée des timbres de France. Cette cote s'explique par le faible nombre de timbres utilisés durant sa relativement courte période d'utilisation, eta fortiori conservés (10% à 15%, soit 40 000 timbres-poste environ), mais aussi par sa notoriété et son esthétisme. Sur lettre, il est rare, voir très rare, car il a été décollé par les philatélistes pour être mis en album, donc peu de plis nous sont parvenus intacts.

Par ailleurs, il existe un cliché inversé dans le panneau d'impression (tête-bêche de la case 35).

Sachant que les paires (oblitérées ou sur lettre) sont déjà rare en rouge « Vermillon » (tarif double = de 100 g à 200 g, ou recommandé de 15 g à 100 g) et exceptionnelles en blocs de 3 ou 4, voir plus, on comprend qu'elles sont extrêmement rares en paire avec un cliché inversé (il existe en théorie, au maximum 1290 paires avec tête-bêche de 1 F. vermillon20). À ce jour, on ne connaît qu'une seule paire avec un tête-bêche dans un bloc de 4 timbres neufs vermillon et une seule paire dans une bande de trois timbres oblitérés sur lettre.

Il existe aussi un bloc de quatre provenant d'une demi-feuille sur papier fin et d'une couleur pâle, dite Vervelle27, avec un tête-bêche. Les timbres « vermillon-Vervelle » seraient un essai de couleur ou une feuille de mise en train, ces timbres n'existent que neufs et sans gomme28.

le 1 franc carmin[modifier]

Le premier jour d'usage n'est pas connu, si l'on se fie aux dates des tirages on peut penser qu'il apparait probablement après le 10 janvier 1849 dans les bureaux de Poste. Si l'ordre alphabétique départemental a bien été utilisé pour distribuer les timbres à un franc au fur et à mesure de leur sortie de l'imprimerie, les premiers jours seraient à rechercher en Ille-et-Vilaine ou dans l'Indre.

La circulaire no 4 du 25 janvier 1849 de l'Administration générale des Postes, signale dans son second titre que plus de la moitié des bureaux sont alors approvisionnés en timbres à un franc29, et que tous les bureaux seront approvisionnés dans la semaine qui suit sa rédaction. Cette circulaire signale aussi que les timbres à quarante centimes seront disponibles dans un mois, ce qui ne sera pas le cas. Ce document confirme indirectement l'approvisionnement progressif des bureaux en timbres à un francs, et la difficulté de connaitre le premier jour d'apparition des « un franc rouge carmin »30.

Les cinq tirages dans cette couleur sont effectués avec le même matériel que le « Un franc vermillon », il existe donc aussi un tête-bêche case 35 du panneau d'impression. Entre janvier 1849 et juillet 1853 sont produits environ 2 millions de timbres-poste.

Outre son utilisation en métropole et en Algérie, le « un franc rouge carmin » a aussi été envoyé à titre expérimental dans certains territoires d'Outremer (Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion) entre 1851 et 1853.

Le timbre rouge foncé est vendu jusqu'à épuisement des stocks (début 1854), il est remplacé à partir de septembre 1853 par un timbre de même valeur au type Napoléon III Empire.

Cette valeur a fait l'objet d'une réimpression en 1862 pour satisfaire une demande de Sir Rowland Hill (tirage : 4350 timbres-poste conservés, une grande partie des planches est conservée au Musée de La Poste). Il n'existe pas de réimpressions dans la couleur vermillon.

Premiers timbres non émis[modifier]

L'article 5 du décret du 24 août 1848 autorise l'Administration des Postes à vendre des vignettes pour l'affranchissement du courrier par l'expéditeur. Trois valeurs de vignette sont alors retenues pour les principaux tarifs d'une lettre envoyée vers un autre bureau de poste dans tout le pays.

Le 7 septembre 1848, la couleur des timbres est fixée par une circulaire de l'Administration postale : le 20 centimes en noir, le 40 centimes en bleu et le 1 franc en rouge.

Cérès, 40 centimes bleu (non émis).[modifier]

Le 40 centimes bleu, premier timbre non-émis de France.

Dès janvier 1849, après avoir remarqué que l'oblitération noire est quelquefois peu visible sur le 20 centimes de même couleur, et que des timbres-poste pourraient être réutilisés, l'administration des Postes décide l'émission d'un 20 centimes bleu, couleur initialement prévue pour le 40 centimes.

La circulaire n°4 du 25 janvier 184931 informe de la prochaine livraison (« dans le mois suivant ») de timbres-poste à quarante centimes à l'ensemble des bureaux. Implicitement ce document confirme que l'impression de cette valeur est en cours de réalisation. C'est donc, vu les dates, la fabrication des « quarante centimes bleu » qui est ici indiquée, car la décision de l'impression des timbres à 40 centimes en orange est prise officiellement le 9 mars 184932.
Début mars, lors de cette dernière décision, la fabrication du timbre à 40c en bleu est donc arrêtée, alors que les premiers lots sont probablement prêts pour la livraison. Ils sont mis au rebut, puis officiellement tous détruits.

Ces 40 centimes bleu sont restés longtemps inconnus, seules des traces administratives attestaient de leur existence. En 199933, un bloc de 12 timbres en bas de page (avec 4 retouchés : voir « 40c. orange » de 1850) et une centaine de timbres isolés (découpés) ont été découverts, le 40 centimes bleu est le premier timbre non émis de France. Le catalogue Marianne, dans son édition de 1999, est le premier à le mentionner

Le 40 centimes orange est imprimé à partir d'avril 1849, mais sa mise à disposition du public au guichet n'a lieu que le 3 février 1850, le temps de rappeler les un franc rouge de nuance vermillon (ou « rouge clair »), de couleur proche sous les éclairages de l'époque et pour éviter des confusions dans les bureaux de poste.

Cérès, 20 centimes bleu (non émis).[modifier]

Le 20 centimes bleu et avec la surcharge 25c. rouge (réimpression de 1852), timbre non-émis de France.

Le 9 mars 184934 est pris la décision du changement de couleur du timbre à 20 centimes, pour limiter d'éventuelles réutilisations du timbre (la marque d'annulation, ou oblitération, étant peu visible sur le noir). L'impression du 20 centimes bleu commence début avril 1849 pour une distribution prévue après l'écoulement des stocks du 20 centimes noir. Deux tirages seront réalisés : entre le 7 avril et le 19 mai 1849, un second entre le 10 décembre 1849 et le 31 mars 185035. La teinte varie du bleu au bleu foncé, le papier varie du blanc à l'azuré pâle. Seuls les 20 centimes bleu-foncé sur blanc sont connus avec gomme.

L'expéditeur n'ayant pas avantage à préaffranchir son courrier, puisque le paiement à l'arrivée par le destinataire est toujours en usage, et au même prix, les timbres-poste seront donc moins utilisés que prévu36. Les stocks de 20 centimes noir seront plus important qu'attendu, et les 20 centimes bleu ne seront jamais mis à la disposition du public, suite au changement de tarif de la lettre de moins de 7,5 grammes le 1er juillet 1850.

Toutefois, il semble qu'une tentative de surcharge 25 en rouge ai été réalisée pour utiliser ces timbres35. Il n'a pas été donné suite à cette tentative, et les timbres surchargés ont été détruits 37. Il semble qu'il n'existe qu'un seul timbre du tirage initial38 avec la surcharge, qui a été vu lors de la vente publique de la collection du baron Philippe Ferrari de La Renotière39. Les rares timbres en circulation dans le marché philatélique40 proviennent de la réimpression de 186241réalisée suite à la demande de Sir Rowland Hill de timbres pour sa collection. Ces timbres surchargés, n'existe que neuf, avec ou sans gomme, et sa couleur est plus claire que celle du tirage originel.

De ce timbre non émis est resté sa couleur : le timbre pour l'affranchissement d'une lettre au premier échelon de poids au tarif intérieur sera bleu, même après 1876, malgré les recommandations internationales42 de l'ancêtre de l'UPU, ce jusqu'en 1900 (10c rouge au type Mouchon).

Décembre[modifier]

Circulaire de retrait du 1 franc rouge vermillon.

Le 1er décembre, une circulaire de l'Administration centrale des Postes annonce le rappel des timbres d'un franc de couleur vermillon, dénommée « couleur rouge claire ». Ne doivent rester dans les bureaux que des exemplaires carmin (« couleur rouge foncée »). Le but est d'éviter une confusion avec la couleur des 40 centimes dont l'émission est prévue pour début 1850.

La circulaire est un document philatélique réputée car elle porte deux demi-timbres coupés en diagonale de chacune des nuances pour illustrer le propos.


27/11/2011
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